CULTURE ET NUMéRIQUE, LES STARTUPS DE LA FRENCH TECH EN PARLENT !


Christophe Sibieude, président

Christophe Sibieude, président

Pourquoi votre entreprise est innovante et en quoi elle change la façon de percevoir / de "consommer" de la culture ? 

Short Edition est l’éditeur communautaire de la littérature courte, tout ce qui se lit d’un trait en moins de 20 minutes : des Nouvelles, des BD courtes, des Poèmes et des Micro-Nouvelles.

Short Edition a pour ambition de sauver la lecture en ouvrant l’écriture à tous et en proposant des fictions courtes à lire en mobilité sur les petits écrans nomades (smartphone, tablette) pendant les petits temps (morts) de la vie

C’est d’ailleurs ce qui a donné envie au Groupe L’Express (L’Express, Lire, L’Etudiant) d’entrer dans notre capital début 2014.

Qu’apporte le numérique dans le secteur ?

Le numérique dans l’édition, c’est un nouveau canal de diffusion de nouveaux contenus littéraires. 
A côté des réseaux sociaux, des jeux, des utilitaires et de la presse, il faut de nouveaux contenus littéraires adaptés aux nouveaux supports et aux nouveaux modes de vie.

Le numérique apporte aussi la possibilité d’un lien nouveau, + fort, entre un auteur et ses lecteurs, une dynamique communautaire. Et la possibilité d’ouvrir l’écriture à tous.

Short Edition a généré 3,8 millions de lectures d’œuvres depuis son lancement fin 2011 et réunit 2 800 auteurs et 105 000 lecteurs abonnés.

L'artiste actuel/passé avec lequel vous auriez aimé travailler avec votre startup ?

Il y en a plusieurs… puisque nous éditions et diffusons des œuvres de plusieurs genres…. Et puisqu’il faut choisir, je vote Prévert et Brassens pour la poésie, Gary et Poe pour les nouvelles, Goscinny et Franquin pour les BD courtes, Gallo pour le souffle des petites histoires dans la grande Histoire et Foenkinos - qui est le premier membre de notre comité de soutien - pour les romans.


Lamine Madjoubi et Gabriel Pommier, co-fondateurs d'Artistoon

Lamine Madjoubi et Gabriel Pommier, co-fondateurs d'Artistoon

Pourquoi votre entreprise est innovante et en quoi elle change la façon de percevoir / de "consommer" de la culture ? 

En remettant la commande artistique au goût du jour Artistoon propose à la fois une innovation d’usage et une nouvelle source de revenus aux artistes. C’est un espace digital similaire à la place du Tertre accessible à tous grâce à internet, sorte de “Montmartre du Web” sur lequel,  le client est co-créateur de l’oeuvre qu’il commande à l’artiste.

Qu’apporte le numérique dans le secteur ?

Dans l’histoire de l’art nous sommes passés de la peinture à la photographie, grâce au numérique nous faisons le chemin inverse. L’internaute confie sa photo à l’artiste qui va l’interpréter, la sublimer en un dessin ou une peinture.

C’est l’une des grandes forces du web que de permettre à des métier traditionnels de trouver un nouveau souffle. Notre partenaire L’Eclat de Verre est encadreur depuis plus de 30 ans et oeuvre au service de collectionneurs, galeries ou musées et s’est clairement engagé dans une stratégie de digitalisation à nos cotés.

Ensemble, notre objectif est de faire connaître des artistes français à l’international et inversement, faire découvrir des styles artistiques venus d’ailleurs. Le numérique est pour nous un nouveau territoire plein de possibilités encore inexplorées que nous voyons comme un prolongement de la réalité.

L'artiste actuel/passé avec lequel vous auriez aimé travailler avec votre startup ?

Il y a tant d’artistes qui ont marqué l’histoire de l’art, tant par le passé que contemporain qu’il serait injuste de n’en citer qu’un seul. Par le passé, Edouard Manet qui fut à l'initiative du Salon des Refusés mais on peut également citer Gustave Courbet, Ingres,  Delacroix ou Van Gogh. Et il y a un contemporain que j’ai eu la chance d’interviewer, Juan Francisco Casas. Un artiste espagnol qui travaille au stylo bille à partir de photos dans un style hyperréaliste. Quelqu’un à la fois de très talentueux et plein d’humilité.


Charlotte Allibert, co-fondatrice et directrice générale

Charlotte Allibert, co-fondatrice et directrice générale

Pourquoi votre entreprise est innovante et en quoi elle change la façon de percevoir / de "consommer" de la culture ? 

Librinova permet à tous les auteurs, en quelques minutes, de transformer leurs manuscrits en livres numériques et de les commercialiser sur plus de 90 sites libraires. Le numérique a révolutionné la publication en permettant à tous les écrivains de se publier et d'accéder à un lectorat, sans passer par un éditeur. Mais nous ne nous arrêtons pas là : avec Librinova, la publication numérique est aussi un moyen pour les auteurs de se faire repérer par un éditeur et pour ces derniers de trouver de prochains best-sellers papier "validés" par les lecteurs numériques.

Qu’apporte le numérique dans le secteur ?

Le numérique a bouleversé plusieurs aspects de l'édition :

  • Pour les auteurs : la publication est désormais simple, y compris sans éditeur,  grâce à l'autoédition. Cela leur permet également d'avoir des retours directs de la part de leurs lecteurs. Enfin, le numérique donne plus de liberté dans la création : l'auteur a moins de contraintes de nombre de pages, de genre etc.
  • Pour les lecteurs : au-delà des aspects pratiques (mobilité, facilité d'accès aux catalogues...), les lecteurs deviennent avec le numérique et l'autoédition, acteurs directs de la chaîne de l'édition : ils peuvent faire un succès numérique qui deviendra ensuite un succès papier.
  • Pour les éditeurs : du processus traditionnel de réception des manuscrits par la poste, on peut imaginer - c'est le pari de Librinova - que l'on passera à un modèle nouveau, où l'éditeur se servira du numérique comme d'un "marché test" et découvrira sur internet des pépites, issues de l'autoédition.

L'artiste actuel/passé avec lequel vous auriez aimé travailler avec votre startup ?

Forcément un auteur, et même un auteur qui a eu du mal à être publié : Marcel Proust. Après que son manuscrit a été refusé par plusieurs maisons d'édition, Proust s'est résolu à imprimer lui-même des exemplaires de La recherche... Il serait donc l'ambassadeur parfait pour Librinova (d'autant plus que le numérique est très adapté pour un roman de cette taille !).


Chloé Julien, Fondatrice et PDG

Chloé Julien, Fondatrice et PDG

Pourquoi votre entreprise est innovante et en quoi elle change la façon de percevoir / de "consommer" de la culture ? 

Sur BandSquare, les artistes proposent à leurs publics de créer ensemble des expériences uniques de concerts. Les fans ont la possibilité de faire venir leur artiste préféré en concert dans leur ville : si assez de personnes ont réservé, l'évènement est confirmé. Ce qui est innovant avec ces expériences participatives, c'est de tisser un lien direct et continu avec son public, en dehors des cycles de production habituels. Entre la sortie d'un disque et l'annonce d'un concert, les fans contribuent aux oeuvres et les "consomment" autant qu'elles les créent.

Qu’apporte le numérique dans le secteur ?

Dans l'organisation de concerts ou d'évènements musicaux, les outils digitaux, construits sur les réseaux sociaux, permettent de mesurer et qualifier la demande des amateurs de musique. Notamment, l'offre de concerts peut être mieux répartie géographiquement. C'est aussi une palette d'outils efficaces pour donner une seconde vie au concert : le partage de photos, vidéos, commentaires. L'évènement était unique mais d'autres pourront en profiter, et à une large échelle.

L'artiste actuel/passé avec lequel vous auriez aimé travailler avec votre startup ?

Il y en a tant ! Par exemple, Neil Young. C'est l'un des artistes actuels qui représente le plus cette recherche du lien avec ses fans et le développement d'innovations musicales, notamment participatives (cf sa campagne pour Pono sur Kickstarter).


Guillaume Teisseire,  en charge de la gestion des projets d'innovation au service des lecteurs et des éditeurs

Guillaume Teisseire,  en charge de la gestion des projets d'innovation au service des lecteurs et des éditeurs

Pourquoi votre entreprise est innovante et en quoi elle change la façon de percevoir / de "consommer" de la culture ? 

Babelio.com est la première communauté de lecteurs en France (plus de 170 000 grands lecteurs inscrits y chroniquent leurs livres, et 2,8 millions d’internautes visitent le site chaque mois en quête de leurs prochaines lectures.) Nous nous appuyons sur des outils numériques pour démultiplier les mécaniques du bouche à oreille traditionnel, afin d’aider les lecteurs à s’orienter et à découvrir de nouveaux livres.

Qu’apporte le numérique dans le secteur ?

Dans le secteur du livre, le numérique est à la fois source de peurs (la position dominante d’Amazon, le libraire traditionnel menacé par la dématérialisation, le piratage), et d’opportunités (l’accès facilité au livre pour des populations éloignées des centres culturels, l’émergence de nouveaux modes de création, de distribution et de lecture, et le renouvellement de la prescription.)

L'artiste actuel/passé avec lequel vous auriez aimé travailler avec votre startup ?

Babelio tire son nom d’une nouvelle de Jorge Luis Borges, « La Bibliothèque de Babel », dans laquelle l’auteur imagine une bibliothèque contenant tous les livres possibles. Borges était un insatiable lecteur, un précurseur de l’hypertexte, un inventeur de correspondances souterraines entre les livres réels ou fictifs. Difficile d’imaginer l’usage qu’il aurait pu avoir d’un outil comme Babelio…

Thérèse Lemarchand, Responsable des organisations

Thérèse Lemarchand, Responsable des organisations

Pourquoi votre entreprise est innovante et en quoi elle change la façon de percevoir / de "consommer" de la culture ? 

Culture Time est une plateforme de mécénat 100% crowdfunding, pour la culture et l’éducation d’intérêt général. Culture Time a ainsi embrassé le développement du crowdfunding, les nouveaux besoins de financement des structures culturelles, et l’engouement des français pour la culture et le patrimoine, pour valoriser et étendre le mécénat des individus dans une vision long terme. Le mécénat participatif donne à chacun la possibilité de s’approprier le patrimoine, d’agir et de le faire savoir, de flécher une partie de ses impôts sur les projets de son choix. C’est un vote citoyen responsable en faveur de la culture, et qui permet la création d’un lien nouveau, plus intime, avec les structures lors de moments de remerciement privilégiés qui auront été initiés à cette occasion. Une nouvelle occasion de rencontre, plus intime, approfondie, autour des projets et des métiers, que l’on a envie de transmettre et partager.

Qu’apporte le numérique dans le secteur ?

3 points essentiels : la mutualisation des coûts d’investissement sur un support transverse, l’efficacité de gestion d’opération auprès d’un public diffus, l’accroissement de l’impact de communication sur une communauté d’intérêts et de sens. Ici la culture en action, l’innovation culturelle, les métiers, le mécénat, la participation. Les réseaux sociaux et le développement de l’économie collaborative permettent de déployer largement cette modalité d’action en faveur du patrimoine artistique et culturel qu’est le mécénat individuel, qui existe de longue date mais de façon plus sporadique, et dans un format de gestion complexe.

L'artiste actuel/passé avec lequel vous auriez aimé travailler avec votre startup ?

Olafur Eliason. Cet artiste contemporain spécialiste de la lumière et de l’espace met en relation l’art et la science, et nous immerge dans des espaces-temps différents. Ses oeuvres ont un formidable impact visuel, incitent à la prise de recul et à la méditation, et sont une source de plaisir émotionnel important. Il joue pleinement son rôle d’artiste dans la transmission d'une forme de perception de la société par des moyens d’expressions visuels. Il est out-of-the box, en expérimentation permanente. Porter une campagne de mécénat participatif pour permettre la pérennisation de l’une de ses installations dans un espace ouvert à tous serait une magnifique opportunité de faire connaitre plus largement son travail et le partager.

Michael Goldman, Fondateur et Président © Ch.Lartige/CL2P

Michael Goldman, Fondateur et Président

© Ch.Lartige/CL2P

Pourquoi votre entreprise est innovante et en quoi elle change la façon de percevoir / de "consommer" de la culture ? 

Le financement participatif est une révolution dans le financement de la création. Il permet à des créateurs, quel que soit leur domaine, de s'appuyer sur la force de leur communauté pour faire financer leurs projets. Il permet à des créations de niche d'exister là où les sources de financement traditionnelles ne trouveraient pas d'intérêt commercial à les financer. Il offre aux créateurs du web une indépendance et une liberté unique dans leur démarche artistique. Grâce à internet les créateurs s'adressent directement à leur public. Et grâce au financement participatif, ils trouvent dans cette communauté les moyens de financer ces créations.

Qu’apporte le numérique dans le secteur ?

Dans le domaine de la création et de la consommation de culture le numérique et Internet peuvent être une révolution historique. Théoriquement, il y a là les outils pour permettre à n'importe qui, n'importe où, de consommer et de découvrir n'importe quelle création, d'une autre civilisation, d'un domaine très éloigné de sa propre culture. Il y a là les outils pour permettre à n'importe quel créateur dans le monde, d'où qu'il vienne socialement ou géographiquement, l'opportunité de faire découvrir ses œuvres, son talent. Mais le numérique et Internet ne sont que des outils. Ils ne portent en eux aucune vertu particulière. Ils deviendront ce que les hommes veulent bien en faire.

L'artiste actuel/passé avec lequel vous auriez aimé travailler avec votre startup ?

Un vivant? Je dirais Sixto Rodriguez parce que s'il était né 50 ans plus tard, sa vie aurait été clairement différente. Sugarman c'est plus ou moins la caricature des bugs possibles dans la préhistoire de l'industrie musicale, celle d'avant Internet. Presque un plaidoyer pour l'avènement d'Internet dans l'univers culturel. Un mort? J'allais répondre tous, car avant les outils de diffusion de masse, ces artistes n'auront touché qu'une infime partie de leurs contemporains. Et le web aurait sans doute permis d'éviter des destins dramatiques. Il y a fort à parier qu'en 2014 un œil légèrement averti et bienveillant aurait reconnu le talent d'un Van Gogh par exemple. Le contraire semble même très improbable...


Hugo Mulliez et François-Xavier Trancart, Fondateurs et Dirigeants

Hugo Mulliez et François-Xavier Trancart, Fondateurs et Dirigeants

Pourquoi votre entreprise est innovante et en quoi elle change la façon de percevoir / de "consommer" de la culture ? 

Artsper.com est un site innovant car il permet aux galeries d'art contemporain de bénéficier d'une visibilité démultipliée et de toucher un public nouveau. Artsper permet de briser plusieurs barrières qui empêchaient l'accès à l'art contemporain pour certaines personnes, tant d'un point de vue géographique que temporelle. Grâce à Artsper vous avez accès à plusieurs milliers d'oeuvres d'art depuis chez vous avec un maximum de contenus et surtout la possibilité de les acquérir directement en ligne.

Qu’apporte le numérique dans le secteur ?

Le numérique permet une plus grande transparence et facilite grandement la circulation de l'information. Grâce à Internet vous avez accès à l'ensemble des informations sur l'artiste et sur l'histoire des oeuvres d'art, ce qui vous permet de mieux les appréhender.

L'artiste actuel/passé avec lequel vous auriez aimé travailler avec votre startup ?

Nous aurions aimé qu'un artiste comme Andy Warhol connaisse l'ère Internet et savoir comment il aurait appréhendé et se serait attribué ce nouveau moyen d'expression.


François Kreutz, PDG

François Kreutz, PDG

Pourquoi votre entreprise est innovante et en quoi elle change la façon de percevoir / de "consommer" de la culture ? 

Plus qu’une plateforme d’e-learning musical, imusic-school permet d’accéder aux meilleurs spécialistes dans leur style et leur instrument, d’accéder à des artistes de la scène française et internationale. Quoi de plus motivant que d’apprendre avec son artiste préféré ? Imusic-school permet à ces artistes de transmettre leur passion, leur expérience, leur histoire musicale. Le rassemblement de ces artistes constitue un réel laboratoire de pédagogie musicale, mais aussi un réel patrimoine culturel.

Qu’apporte le numérique dans le secteur ?

Le numérique enlève les contraintes que connaissaient l’enseignement musical : le rendez-vous, le coût. Dans la société actuelle, il s’agit pour beaucoup d’élèves d’une opportunité de pouvoir enfin se mettre ou de se remettre à la musique (beaucoup avaient arrêté au moment de leurs études ou de leur entrée dans la vie active), ils peuvent suivre leurs cours où qu’ils soient dans le monde, et à n’importe quelle heure, pour 12,50 euros par mois…

L'artiste actuel/passé avec lequel vous auriez aimé travailler avec votre startup ?

Nous avons la chance de travailler auprès de Romane et Jean-Félix Lalanne, qui nous ont accompagnés dans notre construction depuis 2007. Nous remercions tous les artistes qui nous ont rejoints depuis, avec cet état d’esprit. Il s’agit d’artistes qui ont une réelle proximité avec leur public et qui ont ce besoin de partager avec leur public. Nous cherchons des artistes qui ont cet état d’esprit et cet enthousiasme : Minino Garay par exemple nous rejoindra en 2015.